De maman à clown, l’histoire d’Anaïs et Véronic

De maman à clown, l’histoire d’Anaïs et Véronic

Anaïs, 2 ans, est hospitalisée en 2020 pour un cancer de stade 4. Les pronostics sont sombres. Malgré tout, ça semble être la fête à l’hôpital. Puis, la pandémie arrive. Le rire sera un élément essentiel dans le processus de guérison d’Anaïs. Cinq ans plus tard, l’art clownesque est toujours présent dans la vie de cette famille.

« Ma fille Anaïs a été hospitalisée en 2020. Il n’y a rien comme parent qui nous préparait à recevoir un diagnostic de cancer de stade 4 pour notre petite fille de deux ans. Ç’a été une nouvelle foudroyante. On avançait vers des pronostics très sombres.

Je me souviens de la toute première fois où on a mis les pieds au centre de traitement de jour en hémato-oncologie de l’Hôpital de Montréal pour enfants. Je me souviens de m’être dit « Coudonc, y’a tu une fête aujourd’hui, pis je suis pas au courant ? » L’endroit était hyper animé, festif presque et il y avait… des clowns ! Je m’attendais à tout sauf à ça…

À partir de ce jour-là, ma fille avait toujours hâte d’y retourner pour boire une slush et peut-être avoir la chance de croiser un clown. C’était juste avant la pandémie.


Par la suite, les premières semaines qu’Anaïs a passées à l’hôpital ont été plutôt cauchemardesques.

Mais, un beau jour, qu’on attendait pour rencontrer l’oncologue, Dre Queen est arrivée dans la clinique avec sa couronne et son petit nez rouge et elle s’est mise à parler à Anaïs, à l’amuser dans son personnage. Je ne me rappelle plus ce dont il était question au juste, mais je me souviens très bien du rire franc de ma fille. Le premier depuis longtemps. Ça a été marquant pour moi ce premier rire-là, parce que je comprenais que c’était le rire qui allait nous aider à passer au travers.

Chaque fois qu’Anaïs voyait les clowns, elle était dans le plaisir, elle oubliait la maladie et son visage s’illuminait. Les infirmières prenaient ses signes vitaux et, avec quelques astuces de magie clownesques, elle ne s’en rendait même pas compte… Malgré toutes les statistiques qui nous disaient le contraire, à chaque éclat de rire j’avais l’impression que ça allait bien aller et ça me remplissait d’espoir.

Malheureusement, la pandémie a éclos deux mois plus tard et les clowns sont partis en même temps que tout le reste. Soudainement dépouillé de tout ce qui la rendait cool, l’hôpital a pris des allures de prison… Mais, en voyant Dre Queen faire son métier, j’avais compris ce que moi je devais faire comme maman pour accompagner ma fille dans ce que je croyais être nos derniers mois passés ensemble. 

Je peux vous dire que mon diplôme de comédienne ne m’a jamais autant servi que durant ces années-là, alors j’ai fait ce que je savais faire de mieux… Jouer.

Jouer la comédie pour détourner son attention de l’aiguille qui allait se planter dans sa poitrine, jouer pour lui faire oublier la nausée, pour faire passer le temps et pour qu’elle reste calme.

Et c’est entourée de rires et d’amour qu’Anaïs est finalement passée au travers de ces treize cycles d’immunothérapie. Et, entendez-moi bien, je fais totalement confiance à la médecine, mais si elle a réussi à en endurer autant, je crois que c’est en partie grâce au climat doux et joyeux qu’on a installé autour d’elle pour lui permettre d’aller jusqu’au bout.

Cinq ans plus tard

Ma fille est en rémission depuis presque 5 ans. C’est un miracle, un vrai pied de nez au cancer. Elle était surexcitée de revoir les clowns le soir du Bal Imaginaire. C’est drôle, parce qu’elle ne souvient pas avoir dormi des centaines de fois à l’hôpital, mais elle se souvient des clowns qu’elle a croisés… quatre ou cinq fois maximum avant la pandémie !? Elle a d’ailleurs conservé toutes les cartes des docteurs qu’elle a croisés sur son chemin. Ils ont marqué son imaginaire à tout jamais et, pour mon mari et moi ç’a été un beau remède à l’impuissance. En mars dernier c’est la larme à l’œil que j’ai regardé Anaïs monter sur scène pour interpréter dans la pièce de théâtre de son école le rôle du « clown triste ». Disons que c’était chargé de sens. 


Merci à Dre Queen d’avoir été, sans le savoir, la petite étincelle qui a enflammé tout le reste. Sans son exemple inspirant, je ne crois pas que j’aurais été aussi loin dans mon rôle de clown thérapeutique personnel pour ma fille. »

Quand Véronic Rodrigue a su, au printemps 2025, que la Faculté d’art clownesque lançait une formation Introduction au clown thérapeutique, elle a promis à sa fille d’au moins essayer de s’inscrire.

En août 2025, Véronic faisait partie du tout premier groupe de la toute première formation Introduction au clown thérapeutique.


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