SHLOJ: les 5 valeurs du clown thérapeutique
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SHLOJ: les 5 valeurs du clown thérapeutique
Les valeurs du clown thérapeutique ne sont pas des techniques de jeu. Ce sont des valeurs profondément humaines — celles que nous portons tous, mais que le clown a l’art d’incarner pleinement, dans l’instant présent.
C’est précisément cette authenticité qui crée une résonance particulière avec les personnes en situation de vulnérabilité que nos artistes côtoient au quotidien.
Ces cinq valeurs — la Simplicité, l’Honnêteté, la Légèreté, l’Ouverture et la Joie, on les rassemble sous l’acronyme SHLOJ.
Elles nous ont été inculquées par la toute première directrice artistique (2002-2008) de la Fondation Dr Clown et spécialiste de l’art clownesque, Francine Côté.
1. La Simplicité
Une seule chose à la fois. Une émotion, un mouvement, un son. Un focus, un jeu.Â
Le clown n’a pas la compétence d’être multitâche. Cette simplicité lui permet de ralentir, d’être dans son corps et pleinement dans le moment présent.
Cette qualité de présence se fait sentir par le public et lui offre aussi de l’espace pour participer au jeu ou à l’improvisation. La simplicité permet aussi au clown d’adapter le jeu pour qu’il soit uniquement pertinent pour la personne qui se trouve devant lui, peu importe ses habiletés. Le clown ne joue pas de façon intellectuelle, mais plutôt de façon émotive.
Par exemple? Écouter une dame qui raconte les moments importants de sa vie; chercher et trouver le regard d’un enfant avec une déficience profonde. Pas plus compliqué que ça.
Le saviez-vous?
Nos clowns thérapeutiques jouent toujours en duo. Cette complémentarité leur permet d’adapter le jeu en temps réel aux besoins de la personne qui est devant eux.
2. L'Honnêteté
Le clown vit toujours une émotion et la partage avec son public. L’émotion part d’une vérité que l’artiste derrière le nez vit par rapport à une situation. Au contraire de ce qu’on nous apprend en grandissant — gérer et maîtriser nos émotions — le clown a le devoir de les reconnaître, de les exagérer et de les partager. Quelle liberté!
Le clown va souvent nommer ce qui lui passe par la tête: les non-dits, les malaises, l’éléphant dans la pièce — de façon naïve et sans jugement. Cette honnêteté d’émotion agit souvent comme une soupape, un soulagement qui aide les patient(e)s à reconnaître et vivre leur propre émotion.
Par exemple? lors d’une prise de sang, un des deux clowns peut « subir » une douleur que l’autre transmet sous forme de slapstick — une poignée de main trop forte, un pied écrasé. Le jeu du duo distrait et agit comme un reflet de l’injustice que l’enfant pourrait ressentir. Il peut en rire, ou venir à la rescousse du « victime ».
3. La Légèreté
Pour le clown, rien n’est trop sérieux. Une émotion bien sentie est jouée avec légèreté. Il peut donc se permettre d’être triste, en colère, jaloux, frustré ou confus sans qu’on s’inquiète vraiment pour lui. C’est justement cette légèreté qui nous donne la liberté et la permission de rire du clown sans que ce soit méchant.
Le clown prend plaisir à nous montrer comment il pleure, comment il exagère les sanglots, comment il se mouche, comment tout son corps exprime la tristesse. Il y a un petit clin d’Å“il figuratif derrière son émotion, qui permet de reconnaître qu’il est en train de jouer.
Souvent, les émotions jouées avec légèreté permettent au patient de reprendre le contrôle de la situation: c’est ainsi lui qui doit réconforter, soulager ou pardonner le clown, afin qu’il revienne à son état de joie.
4. L'Ouverture
Quand on parle d’ouverture, c’est un synonyme de vulnérabilité. Le clown s’ouvre à sentir et partager ses émotions; il s’ouvre à la diversité des personnes qu’il rencontre et aux situations qu’ils et elles pourraient vivre. Le clown dit toujours « oui » — dans une optique de curiosité, d’aller à la rencontre de l’autre ou de s’ouvrir à de nouvelles expériences, pensées et possibilités.
Dans cet état d’ouverture, le clown est nécessairement vulnérable. C’est pourquoi cette pratique artistique fonctionne si bien à l’hôpital avec les personnes qui sont, elles aussi, très vulnérables. Il y a une complicité qui se tisse naturellement. Le clown ne prétend pas avoir de solutions, il a souvent besoin de l’aide du patient pour sortir d’un conflit ou d’une difficulté.
En se mettant dans une position de vulnérabilité, le clown redonne du pouvoir au patient et lui donne un sentiment de contrôle dans une situation où il en a souvent peu.
5. La Joie
L’émotion de base du clown, c’est la joie. La joie d’exister. La joie d’être dans le moment présent. La joie d’être en relation. La joie d’être vu(e) et entendu(e). La joie d’aller à la rencontre de l’autre. La joie de jouer, de partager, de créer. La joie de l’inconnu.
Trouver la joie est souvent l’objectif, mais ce n’est jamais forcé et pas systématique. L’artiste connecte avec sa joie intérieure et la laisse grandir et vivre dans son corps. Cette joie agit comme moteur, comme ligne directrice pour le jeu — et ramène le clown à lui-même, quoi qu’il arrive.
Alors, pourquoi le SHLOJ?
Ces cinq valeurs ne sont pas réservées aux clowns. Ce sont des qualités humaines universelles que l’art clownesque amplifie et incarne. C’est ce qui rend l’intervention du clown thérapeutique si puissante : non pas parce qu’elle distrait, mais parce qu’elle connecte.
Ce texte a été rédigé par Melissa Holland, en collaboration avec Maxime Larose.
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